Pour mieux nous présenter, nous avons retranscrit par écrit cette interview que nous avons donné à nous même.

G&M fitz royPrésentez vous:

Géraldine: Géraldine et Maxime, tout juste trentenaires, nous sommes en couple depuis qu’on a respectivement 18 et 19 ans, inséparables depuis. Nous vivons entre Paris et la région parisienne d’où nous sommes originaires (de l’Essonne plus particulièrement) et nous travaillons sur les tournages de films, de publicité, séries…

Maxime: On voyage dès que l’emploi du temps le permet mais nous sommes partis deux fois pour un voyage au long cours, la première fois c’était au milieu de nos études en Asie durant 8 mois puis l’Amérique du sud en 2014 pour 10 mois.

 

Comment avez vous décidé de partir?

Max1M: Je crois que depuis tout petit j’ai eu envie de partir, j’aimais me balader gamin dans les rues de ma ville et aller explorer des endroits que je ne connaissais pas. A l’adolescence, je rêvais de faire le tour du monde mais la vie avançant, on suit un peu le mouvement, on fait ses études, on cherche du boulot et les rêves restent des rêves, et ils le seraient sûrement restés si Géraldine n’avait pas été là.

G: En effet, Max me parlait sans arrêt de voyager, de voir le monde. Du coup dans ma tête, le projet de notre premier voyage à commencer à se monter et un jour, je lui ai dit… c’est bon l’année prochaine on part. J’aime surprendre les gens et me prouver que tout est possible.

M: C’est d’ailleurs l’étape la plus difficile du voyage: se lancer. On doit mettre un terme ou une parenthèse à tout ce qu’on a construit jusque là et ce n’est pas simple. Beaucoup de gens nous ont dit qu’on avait de la chance de faire ça, et c’est faux. On a simplement décidé de le faire.

 

Vous avez eu des difficultés au retour?

M: Complètement. Pour ma part, mon coeur est resté en Asie pendant au moins un an et demi. Je travaillais sur le montage des films, ce qui n’arrangeait rien pour me faire revenir. J’avais l’impression d’être l’ombre d’un voyageur. On se sent si vivant en voyage, si actif, si libre et maître de sa vie alors que là, nous étions revenus dans les clous, passant la majorité de notre temps à faire des choses que nous n’aimions pas mais il faut gagner sa vie. Les choses ont ensuite évoluées, j’ai réussi à me faire une place dans le milieu que je souhaitais avec un boulot qui me plait et qui laisse du temps pour voyager. Mais le retour du premier voyage fut très très dur pour moi. Géraldine s’en est bien mieux sorti.

G: Oui, on se sent en décalage avec le monde. On est parti pendant ce qui nous semble des années et quand on revient, rien n’a changé. Nos amis nous disent « ah tu es déjà rentré » et voilà, il faut rentrer dans la file. Quelques jours après notre retour du premier voyage, je suis rentrée dans la vie active. Mon domaine d’activité : L’audiovisuel, du côté production. Plein de bonnes expériences mais malgré tout, l’envie de repartir pour découvrir, retrouver ce sentiment de liberté et surtout savourer ce que j’appelle la vraie vie.

M ushuaia

Si vous pouviez vous donner un conseil à vous même avant votre premier voyage? Ou au futur voyageur?

G: Fonce, si tu as vraiment envie de faire ça, fonce. Si tu as envie de faire autre chose, fonce aussi vers ton but. Il y a ceux qui agissent et vivent leurs rêves et ceux qui aimeraient mais qui ne le font pas, se trouvent des excuses, se disent qu’avec la conjoncture, ce n’est pas le moment… Bien sûr qu’il y aura toujours quelque chose pour vous empêcher de voyager, des enfants, un crédit, une carrière… Mais tous ceux qui voyagent ont ces problèmes aussi. Certains voyagent à vélo et leur tente, parfois même avec leurs enfants, d’autres font du woofing pour voyager gratuitement. Et dans une carrière, un voyage autour du monde est bien souvent un plus, une preuve d’ouverture d’esprit.  Pour nous également qui travaillons dans un secteur marchant surtout sur du relationnel, s’absenter pendant 10 mois lors de notre deuxième voyage revient quasiment à un suicide professionnel. Pourtant nous l’avons fait, nous sommes revenus et nous avons certes fait un pas en arrière, mais nous avons refait notre place.

M: Prépare ton voyage en allant sur voyageensacados.com :-)

 

Vous avez une anecdote de voyage?

G&M avionM: En Chine, nous avons voulu rejoindre Chengdu depuis Shangri La, 4 jours de bus à travers les montagnes Tibétaines. A chaque étape nous y avons rencontrés des moines qui nous demandaient en chuchotant des photos du Dalai Lama, interdites là bas. Nous avons passé une soirée à boire du thé au beurre de yak, une infâme boisson, tandis qu’ils nous racontaient les persécutions qu’ils subissaient.

G: Au Laos, nous dormions dans un petit village. Il y avait un mariage et les gens nous avaient invités. Les hommes buvaient du lao lao, un alcool de riz tord boyaux avec Max tandis que les femmes préparaient le repas dans une autre pièce. Quand ils ont lancé la musique, je me suis mise à danser, ce qui a surpris et amusé les femmes du village. Elles m’ont ensuite entouré les poignets de ficelles blanches afin de vérifier que toutes les parties de mon esprit étaient bien présentes. Apparemment oui.

M: En Bolivie, nous avons créé une véritable amitié avec notre guide et la cuisinière lors du tour du salar d’Uyuni. Nous avons passé du temps ensemble ensuite. Comme nous parlons espagnol, nous n’avons pas eu la barrière de la langue et nous avons passé de bons moments.

G: Survoler la terre de feu dans un avion tout riquiqui. C’était mon cadeau d’anniversaire. Les paysages étaient magnifiques, les sensations fortes et la cerise sur le gâteau, c’était la tête de Max qui a peur en avion au moment du décollage.

 

Pourquoi vous filmez tout ça?

G: Max est l’initiateur de ce projet vidéo/blog qu’il a monté dès notre premier voyage en 2009.

Des fois contrainte et forcée :-), des fois avec un réel plaisir il m’a emporté dans ce beau projet. Aujourd’hui un peu plus à l’aise devant une caméra, j’aime participer à rendre les vidéos toujours meilleures.

M: On avait envie de partager tout ça et de le faire avec ce qu’on sait faire: filmer. J’ai travaillé comme monteur vidéo alors ça a aussi aidé à nous lancer. C’est un concept aussi, une façon de voyager que de voir le monde à travers un objectif. De le penser en 16/9eme. On essaye de trouver les points de vue qui peuvent être les plus intéressants pour raconter quelque chose. Faire un film, c’est raconter une histoire, et en voyage, nous vivons l’histoire au présent donc il faut être réactif et avoir en tête ce qu’on veut dire.

G: Les films nous ont aussi poussé à nous documenter sur l’histoire et la culture locale, ce que nous n’aurions peut être pas fait sans. Nous avons une réelle volonté de proposer un contenu de qualité avec des films construits et instructifs racontant nos aventures mais pouvant aider à préparer celles des prochains. D’ailleurs, nous recevons régulièrement des messages d’internautes nous remerciant pour les destinations découvertes, et c’est ce qui nous fait le plus plaisir, d’avoir pu partager notre expérience.

G voiture

Vous êtes partis avec quoi comme matériel?

M GoproM: En 2009, nous sommes partis avec une caméra DV Sony PD100 pour ceux qui connaissent. Juste ça, pas de pied caméra rien. Trop lourd. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une vieille caméra pas du tout haute définition. On voit vraiment la différence avec le format utilisé entre les films d’Asie et les films d’Amérique du sud. Nous utilisions des K7, on en a ramené une cinquantaine au final. Puis nous avons fait le montage en revenant en France.

G: En Amérique du sud, nous avons emporté un appareil photo Canon 60D, un petit micro Sennheiser MK400 qui a mal supporté le vent et une gopro que Max s’est amusé à accrocher partout sur la voiture. Nous avons également pris un Macbook pour faire le montage en utilisant Final Cut Pro. Max montait les films pendant le voyage, parfois dans la voiture, parfois dans les chambres.

 

Un dernier mot pour conclure?

G: Prenez votre sac à dos et foncez voyager, ça vous rendra heureux.

M: Les questions étaient remarquables, bravo.

G&M glacier grey